Salins-les-Bains / Arc-et-Senans

De la Grande Saline de Salins-les-Bains à la saline royale d'Arc-et-Senans


En 1775, pour faire face à la demande en sel croissante et pallier le manque de bois nécessaire à l'évaporation, Louis XV, alors propriétaire de la Grande Saline de Salins-les-Bains, décide d'édifier un nouvel espace espace de production pour compléter l'activité salinoise.

Le projet est confié à son architecte, Claude-Nicolas Ledoux, qui choisit la plaine d'Arc-et-Senans pour la construction de ce nouvel édifice. Le choix est stratégique et réfléchi : les villages d'Arc et de Senans se situent sur une vaste plaine, en bordure de la forêt de Chaux qui s'étend sur 22 000 hectares et qui offre donc tout le combustible nécessaire à l'évaporation. Dernier argument de poids : Arc-et-Senans est située 143 mètres plus bas que Salins, dénivelé nécessaire pour permettre le transport de l'eau salée depuis la cité jurassienne.

La construction de la saline royale débute en 1775 et prend fin en 1778. Cette usine représente l'opportunité pour Ledoux d'exprimer tout son génie créatif : la disposition des bâtiments en demi-cercle a pour but de limiter les déplacements, de rationnaliser la production et de surveiller tous les employés. Elle revêt également une dimension plus symbolique, représentant la forme que "décrit le soleil dans sa course".

Salins n'enverra jamais toutes ses eaux salées jusqu'à Arc-et-Senans. Le maximum de saumure pompée, et les eaux les plus concentrées seront toujours évaporées à la Grande Saline. La saline royale traitera les "petites eaux", c'est-à-dire les moins chargées en sel. Le saumoduc, double canalisation en bois longue de 21 km de long faite de 15 000 troncs d'épicéas évidés, assurera la liaison entre les deux sites. Chaque jour, 135 000 litres d'eau salées sont envoyées à Arc-et-Senans. Malheureusement, les fuites et la contrebande provoqueront des pertes en eaux trop importantes pour que la saline royale atteigne les objectifs de productivité imposés pour amortir le coût de construction de l'édifice et son coût de fonctionnement. En 1895, la saline royale ferme ses portes, faute d'une rentabilité suffisante, n'ayant jamais atteint la production minimum demandée de 6000 tonnes de sel par an (production maximum atteinte : 3500 tonnes).

 

Roue à augets de la Grande Saline © G. Buguet Saumoduc reliant la Grande Saline et la Saline royale Vue aérienne de la Saline royale © DR Saline royale

  


Ce fonctionnement commun et inédit, aura perduré de 1778 (date de l'entrée en fonction de la saline royale), jusqu'en 1895, soit pendant 117 ans. Aujourd'hui, les deux sites sont préservés et mis en valeur. Inscrits tous deux sous le même bien UNESCO, ils représentent deux facettes d'une industrie florissante et d'un patrimoine méconnu en Franche-Comté.
 

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